Jonathan Lane

 


Espace Société Nautique de Marseille, 23 quai Rive Neuve, 7e
25 octobre au 5 novembre 2014

Vernissage le 24 octobre à partir de 18h30, live électro Alex Duncan (UK)


Le travail de Jonathan Lane prend ses racines dans la figuration : des croquis sur le motif vers la peinture, des esquisses vers le geste primordial de peindre.

Partout où il a vécu, Jonathan s'est intéressé aux paysages qui l'environnaient. Né en Angleterre, où il a étudié les Beaux Arts, il s'est successivement installé des ateliers à Londres, à Trévise et à Barga en Italie, à Fès au Maroc, dans les Pyrénées et, tout récemment, à Marseille. Cette tendance à explorer le potentiel (d'un lieu) en termes picturaux  se double d'un besoin de rendre son universalité, en étendant et en déformant le réel, pour arriver à en exprimer les valeurs essentielles, la lumière, la structure et l'atmosphère.

Fasciné par cette bande de terre sauvage et préservée, aux portes de la ville où il a choisi de vivre, Jonathan a eu envie de créer un ensemble qui ne serait pas juste une série de toiles représentant un bel endroit, mais plutôt une ode, ou une traduction de cet endroit. "Au moment de m'y attaquer, j'ai ressenti, comme souvent, l'inutilité de ma présence, je me suis senti dominé par cette nature. Comment faire pour me libérer de toute référence/obligation figurative ?"

L'épreuve qui a suivi, et l'intensité des émotions qui accompagne toute épreuve, a donné la profondeur et la vibration particulières de ces peintures. On ne trouvera pas de toponymes, dans leurs titres abrégés, pas d'indices visuels ou conceptuels pour les lire. "Je veux que les gens regardent une toile avec un regard ouvert, dit Jonathan. Comme si tout était possible. C'est comme ça que j'essaie de peindre, en considérant que tout est possible."

Pour cette série, Jonathan a travaillé sur beaucoup de toiles en même temps, passant de l'une à l'autre, sans ordre particulier; il n'y a pas de composition préalable ; chaque toile est en quelque sorte née du brouillard ; couche après couche, elle finit par émerger et trouver son équilibre.

Parce qu'il vit et travaille à Marseille, Jonathan Lane s'est senti le droit et le privilège de se confronter à ces calanques, de tenter de capturer la sensation de sublime et d'éphémère que peut nous inspirer une telle nature. Ses toiles sont sa manière de dire la roche, l'eau et la lumière, le flux tectonique, le mouvement et, bien sûr, la beauté qui nous y attire irrémédiablement.

"Les calanques ne sont pas simplement belles, mais sèches, caillouteuses, inflammables, piquantes, vertigineuses, dangereuses…, dit Jonathan. Ce qui m'intéresse surtout, c'est le sentiment d'absence d'humain que l'on y expérimente. La nature pure, un royaume où l'on n'appartient pas."

Voir les oeuvres, ici.


© Jonathan Lane 2013